Blog de MAISOUBLANCO

22 mai 2010

Dicoperso

Filed under: des idées, comme ça... — maisoublanco @ 11:13

SURREALISME
Lorsque Dieu est mort les hommes ont tout trouvé étrange dans la réalité.
Ce fut le surréalisme.

ACTION
L’action n’est pas la lutte, c’est seulement un signe de bonne santé.
Lorsque je suis malade, je m’enferme, je me couche … et je lutte.

REGLE
Seuls les jeux comprennent des règles.
Le tricheur est celui qui ne s’impose aucune trêve.

DECOUVERTE
L’esprit découvre l’identité,
l’âme découvre l’ennui,
le corps découvre la paresse.

DESIR
Humiliation de la somme de nos vérités.

OBSESSION
Protégés par la démence de nos obsessions, nous prospérons.
Si par un rare don naturel nous nous libérons des idées fixes, c’est la perte et la ruine.

DOGME
L’homme est avant tout un animal dogmatique et quoiqu’il dise et quoi qu’il fasse,
il est pour lui-même le dogme suprême – il ne protège rien plus fort que son moi.

SOLEIL
La vérité, la réalité, le scandale de rayons féconds.

REVE
Comment, après le réveil, recommencer la besogne d’aligner des idées
quand, dans l’inconscience, nous étions mêlés à des spectacles grotesques et merveilleux sans entrave causale ?

LIBERTE
Nous reculerons toujours devant notre plus grande peur : l’immensité du possible.

PREUVE
Rien ne prouve que nous sommes plus que rien.

VIE
C’est ce qui se décompose à tout moment – une perte monotone de lumière.

DESTIN
Nous prêtons des valeurs à notre vie propre alors qu’elles n’appartiennent qu’à la vie en général
Le Destin de la vie existe bien – facile à deviner – inchangé depuis les premiers jours du monde,
presque synonyme du hasard.

Nature morte 1.jpg
 
 

5 mai 2010

Tricherie salutaire

Filed under: Imouzer du Kandar — maisoublanco @ 19:22

Parmi mes plus beaux moments vécus ici, à Imouzer du Kandar,
une bonne partie le furent dans cette arrière cour du bar de Kader,
théâtre lunaire représentant la terrasse d’un impossible palais.

Ainsi, comme en ces jours où monte l’orage de la mémoire,
cette fin d’après-midi incruste les bruits de la rue
qui parlent tout haut, d’une voix solitaire.

Comme la couleur des bougainvilliers qui me cernent
j’imagine la rue qui se plisse de lumière intense et pâle
jusqu’à tenter l’obscurité blafarde dont le tumulte craque d’Est en Ouest.

Froid – tiède – chaud – tout cela à la fois et en une seconde
anéantie par tous ces corps humains – avatars du vieil Adam – qui déferlent de l’autre côté du mur, vers la place centrale,
cailloux lancés dans le silence pour ouvrir une brèche dans la quiétude du crépuscule.

Ce n’est qu’alors que je prends conscience de ne plus entendre l’oiseau chanteur des voisins
et, comme tout se répond,
que je distingue clairement derrière le mur la présence silencieuse d’Halim, le charretier qui rêve, à deux pas.

Alors, sans me questionner sur ce que peut penser Halim en ce moment,
en oubliant le murmure de la fête au loin et de ses odeurs plus proches,
je m’exerce inutilement à baptiser les choses et les événements afin d’éluder l’inexplicable.

Expliquer ! Amusement qui comme toute activité de l’esprit est une tricherie salutaire,
abstraction qui nous dispense de ressentir l’infini et l’horreur,
en construisant une réalité adoucie, confortable et inexacte.

Marrakech Bougainvilliers des rues
 
 

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