Un an à Imouzer du Kandar – Histoire 24
Passé le premier sentiment de beauté facile ou de méditation
on peut trouver la mer ridicule.
Toute cette eau, tout ce bruit, ce remue-ménage !
Ce matin, une dissonance m’a facilité le retour à l’état de veille, un soupçon d’anormalité.
Je m’habille, je descends … et observe avec stupeur que de l’eau a mangé trois marches.
Alors je mets un short, des tennis usagées, sans chaussette et me retrouve dans l’entrée
avec de l’eau jusqu’au mollet.
Kader, derrière moi, regarde quelques objets qui ont pris leur indépendance, il sourit.
Là on n’est plus dans le ridicule, on n’est même plus dans la méditation !
Merci grand Kandar ! Mais que serais-tu sans mon étonnement ?
Dans la rue je vois le petit Rachid, un poète de la réalité, filmer tout cela avec son camescope.
Et mon anniversaire qui est demain ! Ca c’est original !
Merci grand Kandar !
Tu satures et ne peux avaler les derniers orages,
alors Imouzer met sa tenue caramel
et l’eau prend le grand carrefour dans les trois directions à la fois,
le jardin public n’a plus un papier au sol.
Il y a aussi la grosse Mercedes de Belkacem le fou,
maintenant son étrave se prend pour un paquebot,
Marouane et Walid, les deux champions de pétanque attendent la décrue assis sur un muret.
Et les gens ? Ces gens ! Pourquoi je les aime ?
Et bien ils vont et viennent comme d’habitude,
…,
même pas, je crois qu’ils se promènent … comme moi, quoi !
Tiens ! Je vais me faire un cadeau : je monte à Kalâa Kabira,
et là, derrière un mur rose, j’admirerai comme une Atlantide sortie de l’eau, toute la ville en bas.
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