Promesse non tenue
Nous sommes quatre, on s’assoie et je dis : « J’espère que ça sera bon, en tout cas la vue est somptueuse.
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Nous sommes quatre, on s’assoie et je dis : « J’espère que ça sera bon, en tout cas la vue est somptueuse.
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Périgord, terre de l’étrange dès que l’étrange est amusant. (Lire la suite…)
Je dois de suite préciser que l’histoire m’a échappé.
Habituellement, l’écriture automatique ne fonctionne que sur quelques lignes que je découvre ensuite avec incompréhension. (Lire la suite…)
En lisant les commentaires des blogs littéraires, je vois qu’il y a les pour et les contres :
- expliciter un peu ce qu’on ressent (il est de bon ton de ne pas être polémique … esprit français de ne pas se découvrir ou anglosaxonnerie positive à tout prix ?)
- ou seulement dire que c’est beau (il semble que cela fait plaisir).
La beauté … parlons-en !
On pourrait par exemple exprimer ce que cette beauté a mis en mouvement.
Il y a un sujet qui m’intéresse : La beauté, un voile seulement derrière lequel une beauté se cache (Nietzsche).
Le sujet, c’est bien la recréation de l’œuvre par celui qui la découvre.
La beauté n’existe pas intrinsèquement, dire « c’est beau » n’a finalement aucun sens si on n’en donne pas un.
Le but n’est pas de découvrir ce qu’il y a derrière le voile (bien que …) mais d’exprimer ce que l’on y imagine et faciliter avec nonchalance et sans espoir particulier le terrain de la recréation.
L’émotion seule selon moi est un demi échec, s’il n’y a pas création, décision, connotation, analyse connexe, geste … , oui : une coupable passivité pas très éloignée de l’indifférence ou du mensonge.
Crainte que l’auteur ne se dévoile ? Pas du tout ! Sachons faire la différence entre la beauté proposée et la réalité dévoilée qui ne concerne que l’histoire, vraie cette fois – mais n’est-ce pas un détail lorsque l’on cherche la poésie du monde ?
L’autre jour, sortie de concert et direction le pub.
Après avoir écouté TAKE FIVE de Dave Brubeck, un ami se surprend lui-même en disant : c’était PARFAIT ne trouvez-vous pas ?
Le troisième larron buveur de bière, un musicien, éclate de rire et je suis déjà dans mes pensées …
car je n’imagine moi non plus aucune amélioration possible à ce tempo envoûtant … subodorant toutefois que cela ne montrait que mes limites.
Sans pitié, le musicien donne une double précision sur ce que veut dire PARFAIT en occident :
« Aimes-tu Dieu ? »
Non
« Aimes-tu Take Five ? »
Oui
« L’un est parfait et l’autre exprime la douleur, la joie, la vibration … ce pourrait être en ré mineur !
Ce sont ces imperfections que tu aimes … la perfection que tu imagines dans la succession des notes n’est qu’un leurre d’artiste.
De toutes façons tu ne pourrais aimer la perfection, elle n’est pas humaine ».
Et moi, appréciant la Grimbergen sur ma lèvre, dodelinant du chef, examinant où cette conversation nous mènerait (fort tard),
je comprenais seulement maintenant pourquoi les jeunes disent « COOL » et non « PARFAIT » …
je décidais avant qu’il ne soit trop tard que je laisserai là ma voiture.
Lorsqu’on goûte vraiment aux mystères de la bière d’abbaye,
on rentre à pied,
on dit bonsoir aux statues qui nous indiquent le chemin
et un grand merci à la lune.
MAISOUBLANCO Copyright 2008