Pour Halim (Professeur de Calligraphie) que je ne connais pas.
J’imagine que tout écrivain se relit un jour. Selon son tempérament, il est alors ému, fier, honteux et parfois il modifie vainement sa pensée pour une nouvelle édition; pour se survivre.
D’autres, certainement nombreux découvrent dans cette lecture un étranger. Parfois, ils ne se comprennent plus.
Quelle réaction avoir sinon un sourire, lorsqu’ils s’aperçoivent qu’UN est mort en eux et qu’il attend les autres ?
Sont-ils submergés par le désarroi lorsqu’ils constatent que le premier des mots : « JE », ne désigne qu’un lieu de passage qui se désavoue aussitôt par l’intellect ou par l’oubli ?
Que représente la calligraphie mon cher Halim ?
Pour moi, à cette heure, elle est fondamentale en tant que possibilité de prendre acte de quelque chose d’important … mais je n’en apprendrai jamais la technique car jamais je ne jugerai que des mots la méritent.
Nous autres, animaux habillés, mammifères bavards, devons trouver autre chose que les mots.
Les calligraphes nouveaux, mentalement préparés, seront-ils les premiers à s’en occuper?… à décrire sous forme de poésie musicale la valeur des pages blanches de notre vie et la valeur des pages rapidement écrites.
Les anciens calligraphes, eux, continueront à écrire la pensée de Dieu.